Je peins d’après des photos prises depuis mon téléphone. Parmi toutes les images prises

avec mon téléphone portable, je m’arrête sur certaines, les désigne, les indexe. À partir de

ce moment, là, l’image devient peinture, et la temporalité - le temps de « faire » et le temps

du « regard » - s’inverse. 

 

Si elles ne sont pas comme la plupart du temps dénuées de figure humaine, lorsqu’elles

sont présentes, celles-ci évitent notre regard. Quand bien même le sujet est secondaire dans mes peintures, j’aime garder une proximité avec ces images qui m’accompagnent, aussi elles représentent des lieux et des personnes qui partagent mon quotidien, et agissent comme

un carnet de route. Les scènes de vie ou paysages dépeignent dans l’ensemble une langueur

qui participe de cet arrêt dans le temps lors du passage de l’image à la peinture. 

Différents traitements picturaux viennent corroborer cet effet, par un geste plus ou moins rapide (souvent plus agité dans la représentation de la nature que dans les représentations humaines ou des infrastructures) liés par les blancs laissés par la toile vierge. Ces respirations, et les disproportions légères, ou erreurs de perspective, agissent comme des ouvertures pour l’évasion du regardeur. Si les dimensions respectent l’homothétie des photographies originales, leur format évolue selon le sujet représenté, et les gestes employés. 

 

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